04.07.2008

Qui appelle qui ?

Flot de tintements collectif, inquiétante visibilité, seul la sortie est discrète.

  

La sonnerie du téléphone est toujours un ordre.  (Marina Tsvetaeva)

20.06.2008

Tine

Clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic et clic.

Huit petits clacs en ordre dispersé, signant chacun sa dépression.

Le froid gagne, le repos fige, le parfum suave atterrit lentement.

Soirée ponctuée de témoins légers.

Passé sur tabouret.

 

 

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05.06.2008

Elle, on lui a dit non

Pleurs et crispations, accusations, tension.

Je ne sais pas si on a pris la bonne décision.

 

Mais...

 

...

 

OUF !

03.06.2008

Elle va peut-être les manger

Est-ce bien de saison, ces bolets d'après l'orage ? 

 

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Couteau et gourmandise, espoir en l'expert, verdict demain.

 

01.06.2008

Overflow

Bombe non sinistre

Et pourtant mortelle

Est-ce toi qui me fais taire ? 

09.04.2008

Petit appétit

Dans une brochure consacrée à Klein : « Dans un désir de conquête mégalomane, ils se partagent le monde : Arman prendra la richesse de la terre, le "plein", la profusion avec ses objets ; Claude, le poète naissant prendra les mots et Yves choisit l'espace éthéré au-dessus de la terre, le "vide", affranchi de toute matière. »

« Désir de conquête mégalomane » ? quand on est jeune, limiter son ambition à une partie du monde, c'est jouer petit bras, moi je dis !

 

 

L'oeil du jour

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13.02.2008

J'irai un jour voir Syracuse.

Du danger de laisser les pubs frétiller en liberté sur les sites Web !

 

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08.02.2008

Vertiges et jubilation

J'aime Chevillard, pour cette façon qu'il a d'empoigner la langue et de la faire ricocher entre le 1er degré et les suivants, pour le fil d'autodérision toujours présent dans la trame de son oeuvre (du moins dans ce que j'ai lu de lui), pour l'absurde et la jubilation mêlés qui font trébucher et donnent à penser. 

Aussi, quelle joie de découvrir qu'il a un blogue :

http://l-autofictif.over-blog.com/

Il y a bien quelques trucs un peu faciles comme Je donnerais mes deux mains pour savoir jouer du piano (est-ce réellement de lui, d'ailleurs ?), mais il y a aussi de pures merveilles comme celle-ci :

J’ai séjourné sur la Lune, moi, il y a... attendez... l’été 2006, j’étais à Mimizan, ça j’en suis sûr... ce devait donc être en 2005, oui, 2004 ou 2005.

Cela dit, je connais des gens qui découvriraient la Lune à Mimizan aussi.

04.02.2008

Usufruit

 

Récupérer des bouts d'égo dans la poubelle.

Rétablir la circulation des flux tièdes.

Enlacer l'huile à huit éléments.

Éteindre, éteindre. 

Ne pas partir.

 

02.02.2008

Faut rigoler !

À la télé tantôt, un abruti expliquait que ses romans doivent absolument être divertissants, quelle que soit l'histoire qu'il a à raconter. « C'est une politesse envers le lecteur. »

Imbécile !

(Imbécile goncourisé, mais imbécile quand même !) 

 

 

30.01.2008

Raiponce

Rapunzel secoua ses longs cheveux bruns et entra dans la tour du prince charmant.

Il y eut tresses et escalades.

Bien plus tard, les cheveux finirent dans le Nesquik.

 

 

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 Peigne médiéval, Musée de Cluny

 

 

 

10.01.2008

Voyageurs sans bagages

À quoi sert de se transporter à l'autre bout du monde si on s'y trouve, autant que d'habitude, empêtré dans l'incuriosité ? Si on n'a pas le goût de sortir voir ce qui est pareil et ce qui est différent ? Si on maugrée contre ce fichu pays qui n'est pas comme chez soi ?

 

 

L'oeil du jour

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05.01.2008

Imbuvable

C'est la reine des cruches, je ne me penche pas sans trouble vers son eau épaisse.

 

 

L'oeil du jour

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04.01.2008

Elle, son discours est bien rôdé

Où est le bouton ? Comment faire pour arrêter cette machine ?

Pas qu'elle soit si ennuyeuse que ça avec son histoire répétée pour la centième fois, mais voilà que se réveillent la fièvre et l'excitation qui couvaient patiemment, la contagion me gagne, je suis en grand danger de me mettre à jacasser, je...

 

 

L'oeil du jour

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03.01.2008

55, c'est le Brésil

 Prendre conscience de l'angoisse, de l'effroi même, qu'on peut répandre dans le monde entier.

 

 

 

L'oeil du jour

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02.01.2008

Autour de la maison

 Il y avait le soleil matinal mais j'ai préféré le fil rouge terminal.

 

Lanterne rouge mais pas dopée. 

 

 

 

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01.01.2008

Petit deuil

Adieu, sept anguleux qui m'as bien accompagnée toute l'année. Ma main te regrettera quelques semaines, le temps de se faire au huit et à ses renflements.

Passer de la nervosité des angles vifs à la bonhomie d'un millésime tout en rondeurs, qui sait si l'humeur de l'année entière ne va pas s'en trouver toute changée ?

 

 

 

L'oeil du jour

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14.12.2007

Erps-Kwerps

Léger glissement entre mes doigts, réveil en sursaut. Des yeux. Sourire très doux de l'homme en gris : « Je n'ai pas voulu déranger. »

Dehors, les prés, le givre, les clôtures, un cheval.

On y est presque.

11.12.2007

À la FNAC

Son visage s'illumine, ses yeux brillent, elle a un élan joyeux, elle a reconnu le Nom. On n'en distingue en vérité que la moitié des lettres, mais c'est bien suffisant pour lui donner certitude et félicité. Trouvaille inespérée ! Butin fabuleux !

Hélas, quelle dégringolade, et quel triste repli ! ce ne sont que livres de poche, indignes de sa relation avec l'Auteur, qui ne peut passer que par l'édition originale.

 

L'objet du culte ? Le Maître, voyons ! Mister Ersatz d'Harlequin soi-même : Marc Lévy !

10.12.2007

Belgitude

La basse-cour

 

(informateur, médiateur, négociateur, explorateur, démineur, réconciliateur, formateur)

 

pondra peut-être

 

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05.11.2007

À la soupe !

Depuis environ six mois, ça papillonne autour de moi : Vous pourriez, vous devriez reprendre quelqu'un. Aujourd'hui, le vent des statistiques m'apporte un contrôleur pour vérifier si je n'ai pas repris quelqu'un.

Comme s'il s'agissait d'aller au marché et de mettre un botte de poireaux dans son panier...

17.10.2007

Un père

Il émet un murmure indistinct, une basse continue, d'où ressortent un ou deux mots interrogateurs. Je lui réponds lentement, je reformule encore et encore, je guette la lueur de compréhension qui raccorderait mes mots aux siens, j'écris, j'explique, d'accord ?

Il me repose la question du début, je recommence...

Je ne peux décemment pas lui dire qu'il vaudrait mieux que sa fille soit là à sa place.

 

15.10.2007

Yaourt soviétique

Je ne m'en lasse pas !

http://fr.youtube.com/watch?v=WM5H1KthhUU

12.10.2007

Elle me dit que ce n'est pas grave

Avec deux petites lignes rouges au bord du plâtre, des lézardes, et même un sourire.

03.10.2007

Puissance du Verbe

Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir. Rendez-moi ma bienheureuse quiétude, mon paradis perdu !

Tout ça, c'est la faute de cet architecte. J'ai senti tout de suite le danger, j'ai bien vu à ses grands gestes, à son regard décidé et pervers, qu'il y avait du bouleversement dans l'air. Il a tout changé : matières, couleurs, volumes, espaces et passages, et puis les ombres et la lumière. Mais le pire c'est son toupet extraordinaire, sa prétention à faire oeuvre quasi divine, sa sale manie de tout rebaptiser. C'est avec effroi que je l'ai vu ouvrir la bouche pour me nommer. C'est avec un sentiment d'irréparable catastrophe que j'ai entendu mon tout premier mot, celui qui me transformait, me redéfinissait et me donnait cette aptitude nouvelle, moi qui n'étais jusque là qu'une paisible cloison.

Vous comprenez maintenant ma souffrance ? Vous savez ce qu'ont les murs, n'est-ce pas ?

Elle n'ira pas au cinéma

Mais elle le fait savoir !

Avec dans la voix tout ce qu'il faut d'excitation et de jubilation. Elle rit et frétille, s'enchante du plaisir inattendu, se promet d'en jouir sans honte ; elle ne se refusera ni souvenirs ni fantasmes. 

Son « non » très sincère a un vrai goût de victoire.

Abécédaire

J'ai très longtemps habité près d'un pont SNCF, tout au nord de Paris.

Un pont très noir, qui tremblait au passage des trains de marchandises, un pont que j'aimais.

Comment pouvait-on aimer un tel amas de ferraille, lui trouver un quelconque charme ? Sans aucun doute, je devais être le seul dans ce cas.

Pour moi, c'était le pendant de l'école dans la vie réelle : toute la géométrie dans ses poutrelles, la géographie de la terre entière dans ses invitations au voyage, et les problèmes de trains bien sûr !

Sur la paroi métallique séparant les voies du passage réservé aux piétons, on voyait souvent des slogans brossés à la chaux, en grandes lettres blanches. J'y prenais des leçons de lecture et de politique.

 — Li–beu...

 — Non, li–bé...

— Mais il n'y a pas d'accent !

— On n'en met pas sur les majuscules.

— LIBEREZ *** ! Qu'est-ce qu'il a fait, *** ? Il est prisonnier ? C'est un bandit ?

— Non ! Il est en prison à cause de ses idées. Il n'est pas d'accord avec le gouvernement. C'est politique.

 

J'ai grandi, déménagé, mais le pont n'a pas cessé de faire partie de ma vie. Je le revois matin et soir sur le chemin du travail et, tenez-vous bien, le jeune frère de *** est devenu mon compagnon. Lui aussi s'adonne aux inscriptions politiques sur surfaces publiques. Mais entre-temps l'administration, lassée sans doute de nettoyer régulièrement les plaques métalliques du pont, les a perfidement badigeonnées de blanc.

Un soir de rage et de fulmination mon compagnon, décidé à « ne pas laisser passer ça », se précipita sur ses réserves de brosses et de peinture et nous partîmes en expédition. Sous la lumière nocturne, il traçait de grandes lettres humides, brillantes, mais j'avais quand même un doute.

— Tu es sûr que ça se verra ?

— Oui ! Oui ! J'y ai mis tous mes berlingots de bleu marine.

Hélas, le lendemain matin, je compris que l'inscription vengeresse serait un message que le pont ne délivrerait qu'à moi : sur le fond blanc, le tragique « Hommage à X assassiné » se faisait fantomatique, en bleu layette très tendre !

 

01.10.2007

Worry stone (Sablier du lundi)

On m'a prêté aujourd'hui un petit gadget avec lequel j'ai pu faire mumuse durant un peu plus d'une heure. Bien que je n'aie évidemment pas eu le temps de le détailler sous absolument toutes ses coutures, je dois reconnaître avoir pris pas mal de plaisir à le manipuler. C'est pourtant un objet d'apparence fort simple, ovale et plat, de tonalité générale olive, veiné de gris-bleu et d'un peu de brun. En regardant plus en détails couleurs et dessin, on pourrait sans doute se perdre dans leur cartographie fantastique, mais l'essentiel n'est pas là. Ce n'est pas un objet qu'on regarde, c'est un objet vers lequel on tend la main en toute innocence, qu'on appuie d'instinct sur l'index et le majeur.

Le vertige alors, c'est ce creux doux où la pulpe du pouce vient irrésistiblement se poser, la dépression précisément calculée pour engendrer une caresse sans fin, une caresse hypnotique qui explore les bords, revient chercher le pur plaisir du centre, repart errer sur l'arrondi du contour pour apprécier toutes les nuances, les infimes variations de la courbe de pierre que la chair effleure ou presse, dans le désir avide d'en mémoriser le galbe.

 

Tu me l'as prêté, repris, il y a maintenant cette absence au bout de mes doigts... 

26.09.2007

Elle, sa mère vient d'arriver

 

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Au milieu de la cohue du décor qui s'efface, elle retient ses larmes. 

 

19.09.2007

Baudruche

C'est doux, c'est flou, c'est léger, erratique.

C'est le rhume.

Elle, elle tourne trop rond

Matriochka repeinte en bleu, toupie précieuse, bulle intermittente, météore fragile.

Il doit y avoir moyen de tenir.

16.09.2007

Elle, un escalier l'a rencontrée

Anrnaqueuse rieuse dans la fumée de bois, tu seras dans un autre pré au printemps.

14.08.2007

Autorisation

Aimable hasard, ce point de faiblesse qui est aussi le point d'appui de ma parole.

07.08.2007

À en pleurer

Le vagabondage des vacances ramène parfois sur des voies enfantines, j'en ai profité pour combler une lacune.

« L'officier quitta le grand salon et entra dans une vaste pièce y attenant. C'était un cabinet de travail, très simplement meublé en vieux chêne, et situé à l'angle du Palais Neuf. Quelques tableaux, entre autres plusieurs toiles signées d'Horace Vernet, étaient suspendus aux murs. »

 

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Si j'avais lu Michel Strogoff dans mon enfance j'aurais peut-être, qui sait, fantasmé sur Vernet. Il est de grands dangers auxquels on n'est pas conscient d'échapper.

13.07.2007

Formidable !

Je peux l'entendre ce mot, je peux aussi imaginer toute la folie qu'il y aurait eu autour.

Mon calme est si différent, fait d'éblouissement intime, émerveillé par la bulle qui me naît au creux du ventre et vient tout illuminer...

01.07.2007

Un dimanche hors du temps

Mon cher Watson, l'analyse minutieuse de cet articulet nous apprend qu'il a été rédigé par un obsédé désireux de refouler dans un autre monde de fumeuses décisions, par un futur délinquant déjà coupable de perversion de calendrier, par un fumeur récalcitrant !

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30.06.2007

Rémanence

Il me taillait la tête. De la main droite, des petits coups de marteau secs et précis. De temps à autre, un grand mouvement de la main gauche, pour changer de face.

Les yeux fermés, je voyais des milliers de muguets.

C'est toujours le même lit.

27.06.2007

C'est ma faute !

Lu dans les fils info du jour :

« Le nombre d'utilisateurs de téléphones portables dans le monde franchira la barre des trois milliards en juillet, soit la moitié de la population de la planète. »

 Et dire que je viens de contribuer à ce franchissement symbolique en me nouant moi-même ce fil à la patte !

19.06.2007

Sieste

Le coin de l'oeil perçoit leur silhouette floue ; l'oreille toute proche distingue chaque nuance de leur vrombissement ; la bouche se tord et leur envoie un souffle qui les éloigne trop brièvement ; sur le sommet à la rondeur parfaite qui leur sert de cible, la peau frémit, gémit, maudit leurs pattes exaspérantes. 

Il faudrait changer de position, bouger la main, remonter le drap, agir... (se redresser, tuer tout ce qui bouge)

Dans un mauvais sommeil, je peux juste tisser des mots qui disent les mouches sur mon épaule, en une dérisoire tentative d'exorciser le bout d'épiderme où elles mènent leur sabbat.

04.06.2007

Lotion

Est-ce bien raisonnable de garder cette vieille perruque ? Avec sa frange mitée, ses tresses obsolètes, sa queue de cheval coupée à ras et l'épi qui menace ?

Là dessous, il y a peut-être un peu de duvet aventureux.