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03.10.2007

Puissance du Verbe

Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir. Rendez-moi ma bienheureuse quiétude, mon paradis perdu !

Tout ça, c'est la faute de cet architecte. J'ai senti tout de suite le danger, j'ai bien vu à ses grands gestes, à son regard décidé et pervers, qu'il y avait du bouleversement dans l'air. Il a tout changé : matières, couleurs, volumes, espaces et passages, et puis les ombres et la lumière. Mais le pire c'est son toupet extraordinaire, sa prétention à faire oeuvre quasi divine, sa sale manie de tout rebaptiser. C'est avec effroi que je l'ai vu ouvrir la bouche pour me nommer. C'est avec un sentiment d'irréparable catastrophe que j'ai entendu mon tout premier mot, celui qui me transformait, me redéfinissait et me donnait cette aptitude nouvelle, moi qui n'étais jusque là qu'une paisible cloison.

Vous comprenez maintenant ma souffrance ? Vous savez ce qu'ont les murs, n'est-ce pas ?

Commentaires

Des oreilles ? Ca aurait pu être pire : tu aurais pu être un mur de prison, ou le mur de Berlin ;)
Dzana

Ecrit par : Dzana | 04.10.2007

belle idée

Ecrit par : luciole | 04.10.2007

belle idée

Ecrit par : luciole | 04.10.2007

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